A2A : le protocole qui répond au verrouillage IA
Début août, on vous alertait ici sur le piège du verrouillage plateforme : plus les écosystèmes IA d’OpenAI, Anthropic et Google s’enrichissent, plus il devient coûteux d’en sortir. Un mois plus tard, une réponse structurelle commence à prendre forme : un protocole ouvert baptisé A2A, qui vise justement à empêcher vos agents IA de rester enfermés chez un seul fournisseur. Voici ce qu’il faut en retenir, sans jargon technique.
Le problème, pour rappel
Un agent IA, c’est un programme qui exécute une tâche de bout en bout (répondre à un client, relancer un devis, trier des documents) au lieu de se contenter de répondre à une question. Le souci : aujourd’hui, un agent construit chez OpenAI ne parle pas nativement à un agent construit chez Anthropic ou Google. Chaque plateforme a son propre format, ses propres règles. Résultat : une PME qui choisit un fournisseur se retrouve à devoir tout reconstruire si elle veut en changer, ou si elle veut simplement faire coopérer deux outils de fournisseurs différents (un CRM piloté par un agent Google, un support client piloté par un agent OpenAI, par exemple).
A2A : un langage commun entre agents
A2A (Agent2Agent) est un protocole ouvert créé par Google, qui l’a transféré à la Linux Foundation le 23 juin 2025 pour en garantir la neutralité : aucun éditeur ne le contrôle seul. Son rôle est simple à comprendre : donner aux agents IA, quel que soit leur fournisseur, un langage commun pour se découvrir, échanger des informations en sécurité et se coordonner sur une tâche. Plus de 100 entreprises technologiques soutiennent aujourd’hui le projet, dont Amazon, Cisco, Microsoft, Salesforce, SAP et ServiceNow, aux côtés de Google. En mars 2026, la version A2A v1.0, la première jugée stable et prête pour la production, a été publiée.
Ce que ça change concrètement pour une PME
Trois conséquences pratiques, une fois ce standard réellement adopté par les éditeurs que vous utilisez :
- Moins de dépendance à un seul fournisseur. Un agent conforme A2A peut, en théorie, être remplacé par un équivalent d’un autre éditeur sans tout reconstruire autour.
- Des outils qui coopèrent enfin. Un agent de facturation et un agent de relance client, même construits sur des plateformes différentes, peuvent échanger des informations sans connecteur sur-mesure coûteux.
- Un critère de choix supplémentaire. Face à deux outils IA équivalents, celui qui respecte un standard ouvert comme A2A limite votre risque de lock-in par rapport à celui qui reste propriétaire de bout en bout.
Ce qu’il ne faut pas encore en attendre
A2A a moins d’un an d’existence en version stable : la plupart des outils grand public que vous utilisez aujourd’hui (ChatGPT, un chatbot Instagram, un agent de reporting) ne l’implémentent pas encore, et ne le feront pas forcément. Ce n’est pas une solution magique à activer cette semaine, c’est un signal de fond à surveiller : le marché reconnaît le problème du verrouillage et commence à s’organiser pour y répondre. C’est un argument à ajouter à votre grille de sélection quand vous évaluez un futur outil ou un futur prestataire, pas une raison de tout changer aujourd’hui.
Chez ManoCorp, c’est une des raisons pour lesquelles on construit les automatisations de nos clients autour de briques standard (API ouvertes, outils no-code interopérables) plutôt qu’enfermées dans une seule plateforme propriétaire : le jour où un fournisseur change ses règles ou son prix, vous n’êtes pas coincé.
Sources
- Transfert du protocole A2A à la Linux Foundation, 23 juin 2025, plus de 100 entreprises soutenant le projet, 7 partenaires fondateurs (Google, AWS, Cisco, Microsoft, Salesforce, SAP, ServiceNow) : Google Developers Blog et Linux Foundation.
- Bilan à un an du projet A2A (avril 2026) : plus de 100 entreprises technologiques, version A2A v1.0 stable et prête pour la production publiée en mars 2026 : Google Open Source Blog.